Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /Juin /2010 08:17

sf.jpg J’ai toujours été meilleure en introduction qu’en conclusion et maintenant que l’horloge indique l’heure pour moi de revenir en France après un tout petit moins de six mois en Californie, j’ai du mal à conclure sur quoi que ce soit.


Je n’ai pas eu l’impression d’être partie aux Etats-Unis, mais en Californie, ce qui est, un croyez-moi est un monde dans un monde.

 

J’aurai vu L.A, San Diego, la côte, le Yosemite, Santa Cruz  et la vallée des vins et je suis encore frustrée de ne pas avoir tout fait (je vous autorise à me cracher au visage à la lecture de cette phrase)

 

J’aurai, tel que ce bon vieux Scott Mc Kenzie me le chantait, rencontré de très nombreux « gentle people there »qui vont sacrément me manquer, même s’ils n’avaient pas de fleurs dans les cheveux.  Il est bien loin le temps des hippies déferlant sur SF lors du summer of love, et si aujourd’hui rien ne témoigne plus de cette époque que quelques  vans wolkswagen et la cape de Janis Joplin au Hard Rock Cafe (dur, Janis, dur…) San Francisco a toutefois gardé le meilleur du hippie spirit, (et ce n’est pas les coupes de cheveux) c’est cet esprit d’ouverture, de tolérance et de gentillesse.


Si les chevelus ont été remplacés par les cadres très dynamiques de chez Google qui ont eu un Ipad dès 2009, SF garde sa fraicheur faite d’un mélange subtil de marie-jeanne, d’exposition aux vents d’Alaska, et de volonté de rendre la vie quotidienne un peu moins tendue et un peu plus douce et musicale pour tout le monde.


6a00d8341c717753ef00e54f4e72198834-800wi.jpg C’était certes pas paradisiaque, les ricains m’ont régulièrement exaspérée par leurs aspects moralisateurs surtout,  tout comme par leur incapacité totale à faire arriver un bus à l’heure ou à produire un fromage digne de ce nom (voir mes divers articles pestant sur le sujet).

 

Mais j’aurai du mal à vous affirmer qu’ils ne gagnent pas à être connus quand je sens que je n’ai jamais bénéficié d’autant de gentillesse en 6 mois de vie urbaine.

 

  Ca a réussi, malgré la réticence de mon cerveau de Bélier ascendant Parisienne, à me toucher suffisamment pour que j’aie envie de rendre la pareille.

 

Grâce  à ce voyage, j’ai  appris à  ne pas penser que a culture des USA est une culture-monde que l’on connaitrait tous, quand je vois à quel point j’ai eu eu tant de mal à finalement les comprendre.

 

Alors, voilà, fin du chapitre et fin du blog, j’espère t’avoir fait rire.


Je termine avec ces petites choses , qui j’espère te donnera envie ô lecteur assidu de faire un jour un tour dans la  si jolie cité au petit pont rouge.

 

Ca va me manquer :

Les rues propres. (Le clébard américain n’a til pas de besoins ?)

 

La barquette de framboises à 79 cents.

 

Les concerts gratuits, ou presque, partout ou presque, tous géniaux ou presque.

 

Le  Bay Examiner, rubrique “meurtres par quartiers”.

 

Les succulents, délicieux, orgasmiques, huge-ass avocados que seule la Californie sait produire.

 

L’expression « huge-ass » ou « bad-ass », ou « big-ass » comme arguments de vente.

 

Les gens qui entrent dans ta conversation dans le bus.

 

Les cerisiers en fleurs et leurs oiseaux hystériques.

 

Prendre un virage en cable-car et penser ma dernière heure venue.

 

« Reserva los asientos de enfrente para los ancianos y las personas con incapacidad »

 

Valencia Street, la rue de tous les restos, tous les bars, toutes les excentricités, de la vie en général.

 

L’océan, les mouettes tueuses, les surfeurs déplumés.

 

La radio mariachi des ouvriers en bas de chez moi

 

Le brouillard du matin

 

Twin Peaks et votre antenne qui êtes aux cieux.

 

 


 

 


 
Par Ju - Publié dans : Le cours des choses
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 20 mai 2010 4 20 /05 /Mai /2010 02:43

Qu'est ce que "Bay to Breakers" te demandes-tu lecteur face à ce titre d'article ?

 

 

Eh bien, c'est une course à pied, 12km entre l'Embarcadero (qui délimite au Nord-Est l'entrée dans la Baie) et Ocean Beach la plage qui borde la partie Ouest de la péninsule.

 

SDC11177.JPGCourue par environ 50 000 à 70 000 coureurs,elle dure environ 40 minutes pour le premier arrivé.

 

Mais là n'est pas l'intérêt. Telle que vous me connaissez, si c'était une simple course à pied, je me serai pas fendue d'un post juste sur ça, ou alors ça aurait été pour déblatérer sur le fait que je ne comprendrai jamais ô grand jamais que quelqu'un, quelque part ,puisse aimer s'infliger de courir volontairement si c'est pas derrière un bus.

 

Allez-y, jette moi des tomates vertes ami du jogging du dimanche, mais moi la course à pied, je considère que c'est une aberration.

 

Cette course, Bay to Breakers, est emblématique de San Francisco, car elle est avant tout un gros prétexte pour ses habitants pour se livrer à leurs plaisirs favoris, j'ai nommé "Danser", "Etre bourré le matin"et "Déambuler, nu".

 

Comme un espace beaucoup trop long sépare la St Patrick (oùl' on boit de la bière irlandaise, on danse dans la rue et quelqu'un finit à poil) du 4 juillet (où l'on boit de la bière américaine, on danse dans la rue, et quelqu'un finit à poil) les San Franciscains ont crée Bay to Breakers.

 

S'il y a 50 000 coureurs, environ la moitié d'entre eux ne sont pas déclarés et participent en toute illégalité pour s'adonner au bonheur simple de courir au vent les parties génitales à l'air. Ca commence assez tôt, vers 8h du mat pour ceux qui veulent vraiment suivre la course, ça se termine tard. Les coureurs finissent par se jeter dans l'océan pour finir la course, mais du reste la ville est en fête.

 

SDC11101.JPGBon, tout le monde n'est pas nu. La très très grande majorité des "breakers" est en effet déguisée, le plus trash sera le mieux, on enfile donc la vieille perruque, son justaucorps favori et on va danser, une PBR (une marque de bière américaine comme on n'en fait plus, le pack à 5 dollars) à la main au rythme de la musique passée à fond dans les rues.

 

Le but est de faire une "team" avec 5 ou 6 potes et de se déguiser tous pareils. J'ai bien rigolé au passage de la bande de bananes, d'un groupe de douze asiatiques en pandas.

 

I wish I knew, moi je suis restée avec ma bande de douze potes certes, mais sans team. J'avais un joli boa cela dit.

 

On se réunit autour des artères dont la circulation est bloquée pour l'occasion, les flics se foutent de l'odeur puissante de marie-jeanette qui flotte dans l'air. Les maisons qui bordent le cortège informel (qui s'éparpille dans toute la ville) sont en mode "open house", les DJ amateurs se font un plaisir d'envoyer à plein watts du gros son débile et ça dure jusqu'au petit matin.

 

SDC11218Ce n'est pas sans rappeler le Carnaval du Nord...sauf qu'ici la tradition n'est pas ritualisée, il n'y a pas de jargon carnavaleux, pas de tambours, pas de sécularisation. C'est juste une grosse beuverie collective, truculente et joyeuse.

 

Certes SF étant une ville où règne perpétuellement une ambiance de carnaval, il n'empêche que le déchainement des San Franciscains fait plaisir à voir.

 

Certains ne traversaient même plus quand le bonhomme était vert. Grosse relâche.

Par Ju - Publié dans : God bless america
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /Mai /2010 00:42

Cette fac que j’ai quittée hier me laissera des souvenirs assez fous.

 

 Cela avait un petit côté blague de venir à SFSU, une ambiance très relâche, entre foire du village et amicale de la pétanque. Hier des concerts de mariachis (si, si), la semaine passée des piscines à boules (si, si), des « free pizza day »...Les étudiants adoraient se déguiser pour les exposés. Untel présentant le féminisme de la 3e vague se mettra en robe et perruque.

 

uggs-womens-classic-tall-boot.jpg Certains trucs me titillaient, les élèves en combi Ugs-jogging-hoodie labellisé SFSU(une tenue que vous n’oseriez pas porter même seul, chez vous, un jour d’hiver de révisions),  qui mangaient en cours du poulet frit sauce barbeuc à dix heures du mat…

 

La démagogie pointait plus que souvent le bout de son nez. Le moindre débat tournait à une version non-censurée de « c’est ma vie »et les profs n’étaient pas en reste…

 

Entendu jeudi « If you stay ‘til the end of class you’ll get an extra-credit » (en gros, un bonus de points sera offert aux étudiants restant jusqu’à la fin du cours…), y’a quand même de quoi se taper la tête avec une poêle en teflon.

 

Mais je pense que ces bientôt 5 mois ici me permettent aussi de relativiser.

 

 

 SFSU est une fac pas chère, 1600$ le semestre quand même, mais pour les USA, c’est vraiment donné.

 

Donc SFSU n’est pas une fac de nantis, elle brasse au sens large, juniors et seniors, toutes les origines, rappeurs et fils à papa, bobos et butch à piercings. Y’en avait pour tous les goûts.


Cela permettait d’avoir un bon aperçu de qui sont les jeunes de mon âge, tatoués (tous ou presque), progressistes mais pas engagés, flemmards mais enthousiastes, fauchés et sympathiques, pensant qu’Obama est le Christ, ne jurant que par le Daily Show.

 

En plus de ça, pas de ségrégation par domaine d’études ,un seul campus, les business, les ingénieurs, les arts et les ethnic studies, tout le monde gambade gaiement avec son fût de frappucino à la main à l’ombre des séquoias de SFSU.

goldengator.jpg

Qui plus est, même si la crise budgétaire de l’Etat de Californie a baissé de 20% le salaire des profs et les forcent à prendre des « furlough days » (jours chômés forcés), même si les places se réduisent et que les effectifs se divisent, on reste dans une fac où un confort absolu est offert.

 

Ca va me faire un choc de revenir au Celsa, où faire imprimer un doc word de deux pages va être un défi pouvant vous occuper 4h, où la bibli désigneun placard, où ouvrir une fenêtre veut dire entendre un marteau-piqueur.

 

SFSU_campus_pic1_overlook.jpeg.jpg

 

J’ai découvert ici  des salles infos à tous les étages, des salles d’étude lumineuses, des équipements

sportifs immenses (oui, je m’en approchais parfois) et en plus, une totale adaptation aux étudiants handicapés.

 

Et cerise à l’eau-de-vie sur le gâteau : un personnel administratif disponible et compétent, ce qui ferait pleurer d’émotion pas mal d’étudiants Français.

 

De plus, si mes congénères m’ont pas mal exaspérée au départ,

j’ai rencontré des gens ne prenant pas au sérieux leur condition d’étudiant mais étant capable d’être totalement impliqués  dans ce qu’ils font,  très enjoués, et toujours ravis de me poser des questions sur ce que je pensais de leur fac.

 

Je n’aurai pas pensé pouvoir dire ça, mais j’ai eu un pincement au cœur lors de mon dernier cours.

 

SFSU tes jardins, tes mariachis, ta bonne humeur et tes bigass muffins vont me manquer.

 

Par Ju - Publié dans : Le cours des choses
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Who Am I

Recherche

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus