Bye Bye SFSU

Publié le par Ju

Cette fac que j’ai quittée hier me laissera des souvenirs assez fous.

 

 Cela avait un petit côté blague de venir à SFSU, une ambiance très relâche, entre foire du village et amicale de la pétanque. Hier des concerts de mariachis (si, si), la semaine passée des piscines à boules (si, si), des « free pizza day »...Les étudiants adoraient se déguiser pour les exposés. Untel présentant le féminisme de la 3e vague se mettra en robe et perruque.

 

uggs-womens-classic-tall-boot.jpgCertains trucs me titillaient, les élèves en combi Ugs-jogging-hoodie labellisé SFSU(une tenue que vous n’oseriez pas porter même seul, chez vous, un jour d’hiver de révisions),  qui mangaient en cours du poulet frit sauce barbeuc à dix heures du mat…

 

La démagogie pointait plus que souvent le bout de son nez. Le moindre débat tournait à une version non-censurée de « c’est ma vie »et les profs n’étaient pas en reste…

 

Entendu jeudi « If you stay ‘til the end of class you’ll get an extra-credit » (en gros, un bonus de points sera offert aux étudiants restant jusqu’à la fin du cours…), y’a quand même de quoi se taper la tête avec une poêle en teflon.

 

Mais je pense que ces bientôt 5 mois ici me permettent aussi de relativiser.

 

 

 SFSU est une fac pas chère, 1600$ le semestre quand même, mais pour les USA, c’est vraiment donné.

 

Donc SFSU n’est pas une fac de nantis, elle brasse au sens large, juniors et seniors, toutes les origines, rappeurs et fils à papa, bobos et butch à piercings. Y’en avait pour tous les goûts.


Cela permettait d’avoir un bon aperçu de qui sont les jeunes de mon âge, tatoués (tous ou presque), progressistes mais pas engagés, flemmards mais enthousiastes, fauchés et sympathiques, pensant qu’Obama est le Christ, ne jurant que par le Daily Show.

 

En plus de ça, pas de ségrégation par domaine d’études ,un seul campus, les business, les ingénieurs, les arts et les ethnic studies, tout le monde gambade gaiement avec son fût de frappucino à la main à l’ombre des séquoias de SFSU.

goldengator.jpg

Qui plus est, même si la crise budgétaire de l’Etat de Californie a baissé de 20% le salaire des profs et les forcent à prendre des « furlough days » (jours chômés forcés), même si les places se réduisent et que les effectifs se divisent, on reste dans une fac où un confort absolu est offert.

 

Ca va me faire un choc de revenir au Celsa, où faire imprimer un doc word de deux pages va être un défi pouvant vous occuper 4h, où la bibli désigneun placard, où ouvrir une fenêtre veut dire entendre un marteau-piqueur.

 

SFSU_campus_pic1_overlook.jpeg.jpg

 

J’ai découvert ici  des salles infos à tous les étages, des salles d’étude lumineuses, des équipements

sportifs immenses (oui, je m’en approchais parfois) et en plus, une totale adaptation aux étudiants handicapés.

 

Et cerise à l’eau-de-vie sur le gâteau : un personnel administratif disponible et compétent, ce qui ferait pleurer d’émotion pas mal d’étudiants Français.

 

De plus, si mes congénères m’ont pas mal exaspérée au départ,

j’ai rencontré des gens ne prenant pas au sérieux leur condition d’étudiant mais étant capable d’être totalement impliqués  dans ce qu’ils font,  très enjoués, et toujours ravis de me poser des questions sur ce que je pensais de leur fac.

 

Je n’aurai pas pensé pouvoir dire ça, mais j’ai eu un pincement au cœur lors de mon dernier cours.

 

SFSU tes jardins, tes mariachis, ta bonne humeur et tes bigass muffins vont me manquer.

 

Publié dans Le cours des choses

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article