Bilan de santé

Publié le par Ju

1 mois avant le départ, que diriez-vous d’un petit check-up ?

 

Conséquences physiques de 4 mois à SF:

 

C’est fou, je n’ai pas connu d’hiver cette année. Jamais la température n’a du descendre au dessous de 8 degrés en janvier, et j’ai du soleil au moins 3 fois par semaine depuis des mois.

 

medium_cadre_jeune_bavaroise.jpgDe ce fait, j’ai blondi. Bon, pas blonde-norvégienne non plus, mais quand même bien blondinette, blond-leffe dirons nous. Couleur que d’ordinaire j’obtiens plutôt fin Aout (à condition de ne pas partir en Irlande). Alors que j’aime pas particulièrement le soleil (oui je sais, je suis bizarre), je suis aussi coquettement bronzée.

 

Miraculeusement, je n’ai pas (trop) grossi contrairement à ce que des esprits mesquins et jaloux suggèrent (oui Raphaël, je parle de toi).

 

Ici, la bouffe est partout, tout le temps, abondante.. Là où c’est une discipline c’est que tu peux tout autant choisir, pour le même prix, la petite salade de saison que le cheeseburger, le muffin ou la salade de fruits. Donc c’est le triomphe de la volonté, tout dépend de ta capacité au self-control.

 

La mienne a ses petites crises de faiblesse qui peuvent expliquer un bidon qu’on peut pincer aisément. Je lui fait faire des grimaces dans le miroir.

 

Autre conséquence positive : Je n’ai pas été malade depuis…2009. Un ptit rhume de 4 jours en janvier. C’est peut-être le symptôme de mon désir inconscient d’éviter à tous prix d’avoir à payer les factures démentielles  des professionnels  de santé américains.

 

Ou c’est juste parce qu’ici je dors beaucoup, travaille peu,  que je n’ai jamais autant mangé de fruits et légumes, n’est soumise qu’à très peu de stress, hormis celui, non-mesurable, de quel type de bagel choisir.

 

Autre constatation sympathoche : je n’ai strictement pas d’allergies. Et pour moi, sexy-me qui me mouche et éternue de fin février jusque mi-juin d’ordinaire, c’est hautement appréciable. Notez d’ailleurs que ma pote Laetitia, très allergique à une liste de trucs tellement longue que ça me prendrait l’article de vous les décrire, n’a quasiment rien eu pendant les 20 jours où elle était là.

 

Je pense très sincèrement que c’est lié à la respiration quotidienne de vapeurs de marie-jeanne (prendre le bus ou comment avoir sa dose).

 

cocorico3.jpgConséquences psychologiques :

 

Je vais bien, merci, je ne suis pas devenue plus enthousiaste sur la vie qu’avant, je ne fais pas tellement plus de sport,  je ne suis pas devenue une convaincue de l’immoralité de la cigarette et de la traverse de passages piétons hors feu-vert.

 

C’est marrant de voir à quel point j’ai ressenti, par le biais de petits phrases, de messages , la peur que je me convertisse aux terriblement nocives valeurs usa, et que le cocorico ne vibre plus dans mon cœur : « alors américanisée ? » « salut l’américaine ! »

 

Mais le fait est que l’on se sent aussi rarement aussi français qu’à l’étranger. Parce que tout le monde vous interroge sans cesse sur votre pays, ses traditions, ses valeurs, on se prend à parler de France sans arrêt.

 

Comme tout est choc culturel, on se surprend à penser un peu mieux, un peu plus,à ce qui nous choque et à pourquoi ça nous choque, quelle part de nos réflexes est conditionnée par notre culture natale…

 

 

Conséquences linguistiques :

 

 

  Je parlais déjà bien anglais avant de venir donc mes progrès sont pas spectaculaires mais bien là, quand même. Ma compréhension est clairement le domaine où je me sens vraiment, vraiment meilleure. Peu d’accents me posent problème, tout comme le débit ou l’inarticulation. Je suis très bien mes cours et les conversations, et c’est vraiment chouette.

 

L’oral aussi s’est clairement amélioré, même si je n’ai pas perdu mon accent français. J’ai acquis pas mal de vocabulaire…surtout dans le domaine des aliments,  des ustensiles et objets familiers, et des 150 variantes de « badass ».Ouais ouais.

 

  american-flagL’écrit pêche encore car j’ai  du mal avec l’anglais universitaire.

 

Je suis un peu  frustrée dans  ma capacité à être subtile dans ce que je voudrais exprimer. Surtout que l’anglais écrit universitaire n’a rien à voir à voir avec son homologue franchouillard. Ici trop de virgules ou une phrase trop longue sont pénalisés.

 

Et comme tous les exams sont sous la forme de QCM ou de questions fermées, c’est dur de pratiquer hormis une fois de temps en temps pour d’éventuels DM.

 

 

Mon français en revanche déconne méchant. Il y des courts-circuits permanents avec l’anglais. Je parle un français surprenant: je «paye de l’attention», je dis souvent «assumer que» au lieu de «présumer de», j’évoque une fille «confidante»… et l’autre jour je parlais de quelqu’un «misérable comme l’enfer» (miserable as hell). Je parle désormais français comme Google traduction.


J’espère que vous aurez la même condescendance silencieuse envers moi que les médias envers Jane Birkin. Merci.

Publié dans Le cours des choses

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