Spring Breaaak

Publié le par Ju

 

La Californie se divise virtuellement et séculairement entre les Californiens du Nord, et ceux du Sud (cf Rive gauche/Rive droite, Nord/Pas de Calais…).Ceux du Nord détestent ceux du Sud, réputés superficiels, vulgaires, ignares et matérialistes, et les Californiens du Sud, eux, se foutent bien de l’existence des Californiens du Nord qu’ils estiment être des frustrés solaires incapables de prendre la vie du bon côté.

 

J’ai donc changé de camp l’espace de 5 jours, allant voir un peu plus bas comment ça se passe au pays des joggeurs, du fitness et de la plage.

 

Jour 1 : long, incroyablement long.


Comme tous les fauchés d’Amérique, nous avions décidé avec Isa d’opter pour le bus Greyhound, qui n’offre rien d’avantageux autre que son prix. nusi avions prévu cookies, bananes, mp3 et bouquins pour tenir le coup pendant ce voyage à travers la Californie centrale, de San Francisco à Santa Barbara.

 

IMGP0023.JPGNe va pas croire, ô lecteur, que nous longeâmes le Pacifique afin de contempler ses reflets bleutés, non, le Greyhound offre un panorama ininterrompu de plaines verdoyantes et de villes minuscules, de plaines verdoyantes, d’arroseurs automatiques gigantesques, de plaines verdoyantes, et de foreuses à pétrole ci et là, dans ce qui est communément appelé « le potager de l’Amérique » .

 

De quoi tenir le cerveau dans un état de sollicitation permanent. Passé Salinas (5h de route déjà), plus d’escales, plus rien, des montagnes (et des plaines verdoyantes). Chacun connait ma patience, je trépigne. J’hésite à harceler le chauffeur de « quand est ce qu’on arriiive ? » si je fais jouer mon accent français so cute.

 

 

Au bout de 11h de route (558km de plaines verdoyantes), on arrive enfin à Santa Barbara, complètement crevées de n’avoir rien fait de la journée.

 

On a réservé une petite auberge de jeunesse, décevante, qui a pour seul charme d’avoir des tables en forme de disques vinyles (vinyles des Beach Boys et pas de Jefferson Airplane, on a bien quitté San Francisco). On partage un dortoir avec des étudiantes américaines en goguette, des Françaises bavardes (cocorico), et des Russes adeptes du nu intégral pour dormir.

 

Ne tiquez pas sur cette dernière phrase, elles avaient la soixantaine.

 

Jour 2 :


La veille, à traverser la rue centrale avec nos sacs, la route dans les pattes et le regard hébété, nous n’avions pas trop eu le temps de nous rendre compte où nous étions, et surtout à quel point Santa Barbara est différente de San Francisco.

 

Car oui, le réveil est un choc. 25 degrés. Le matin. Des rues proprettes dans un style hispanisant, où étincèlent des fontaines en mosaïque azur. Des palmiers à ne plus savoir qu’en faire. Face à l’immensité du ciel bleu, à ce soleil éclatant, évidemment, on se précipite au…Walgreens, acheter de la crème solaire.

  IMGP0059.JPG

Nous passons le reste de cette seconde journée de Spring Break à marcher le long du pier, à contempler de façon pensive l’horreur des bibelots proposés par les boutiques, (toi aussi tu collectionnes les boules à neige avec des dauphins qui lèchent une paire de seins dedans ?), à s’endormir sur la plage au son du ressac et à observer les pélicans.

 

On se fait une immense ballade, longeant une plage de sable qui devient rocailleuse sur le tard, avant de se fondre dans les collines à la végétation tropicales abritant des bicoques au charme luxueux.

 

Les gens sont souriants, font du roller en short et brassières, et sont tous dorés comme des tartines de beurre. Rien ne semble pouvoir un jour interrompre cette vie faite de sport, de jus d'orange frais, de soleil et de nature.


Une sensation profonde de vacances m’envahit, je touche du doigt la plénitude californienne. J’aurai presque envie moi aussi de vivre perpétuellement à demi-nue et de penser que le motif du dauphin est de bon goût.IMGP0007sb--2-.JPG

 

Journée de plénitude californienne qui se termine comme il se doit par une frénésie de shopping, qui, ô surprise, n’est pas de mon fait mais de celui d’Isabelle, qui, prise d’une folie furieuse, dévalise Urban Outfitters avant d’y mettre le feu avec un rire démoniaque. Des chemises, des tee-shirts, des cadeaux en pluie et pour moi (c’est mon anniversaire merde) une robe sou-perbe.

 

Je ne sais pas quand je pourrai étrenner ce petit bijou orangé à col rond et 3 rangées de bretelles (une régate ? un mariage ? la garden party de l’Elysée ?) mais tout ce que je sais, c’est que je suis heureuse.

 

Posséder un article de chez Urban Outfitters consistait pour moi une des étapes obligatoires de mon passage aux Etats Unis.

 

Allez y, appelez moi material girl, je m’en fous, je suis en Californie du Sud, tout a changé pour moi.

Publié dans Voyaaages - voyaaages

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Gerard Chafouette 09/04/2010 00:21


"J’aurai presque envie moi aussi de vivre perpétuellement à demi-nue (...)"
Il y en avait donc, des femmes nues?