Yosemite, le mythe

Publié le par Ju

Je crois, cher lecteur, que nous allons rentrer dans une dimension inconnue de ce blog : la dimension lyrique.

Le Yosemite, ou comment j'ai renoué avec le nature qui sommeille en moi.

J'ai reçu l'appel de la forêt face à ces lacs gelés, ces cascades qui explosent joyeusement du haut de rochers millénaires aux contours ciselés, le tout aux milieu de séquoias géants, de sentiers perdus, riches d'odeur et d'animaux en tout genre.

Non, mais vraiment, j'ai eu LE choc de ma vie. J'ai bien cru que j'allais tout plaquer pour aller élever des ratons laveurs là-bas. Sans rire. Moi, Juliette, ayant peur de se servir d'une gazinière, je me sentais prête à abandonner maquillage, connexion internet et bitume pour faire ma vie parmi les séquoias. Cela dit, je l'ai quand même fait pendant deux jours, ce qui, pour qui me connait, n'est pas rien.

Il nous a fallut pas moins de 7 heures, deux bus et un train IMGP0003.JPGpour parvenir là-bas depuis San Francisco (pour un américain, 7h de route c'est une ballade digestive cela dit, mais pour moi frenchy, c'est déja beaucoup trop long).

Déja, rien que dans le train Amtrak qui nous menait de Emeryville à Merced, j'ai senti que je vivais une expérience inoubliable. 3h de train dévalant, à la vitesse d'un TER pas en forme, la San Joaquin Valley.

Ne vous faites pas berner par le nom, la San Joaquin Valley est très loin de ressembler à la pétulante Californie du Sud, et il n'y a rien d'assimilable à la beauté de Joaquin Phoenix. Au début y'a de jolis lacs, mais ensuite c'est avant tout des champs, des caravanes, des pick-up trucks, des champs et puis des champs.

Traversant des villes aux noms émoustillants tels que Stockton, Modesto, Turlock, nous vîmes monter  des Amish (oui oui, les mormons qui vivent comme en 1830), des obèses, un travesti et des obèses.

Deux tiers de la population américaine adulte est obèse. Si vous ne me croyez pas, montez dans un train Amtrak.

Bière à la main (il était dix heures du matin...), oeil vif, l'éclat de rire facile, l'habitant de la San Joaquin Valley m'a en tout cas bien plu par le contraste qu'il offre avec le San Franciscain (dont la seule chose  honteuse qu'on puisse trouver en sa main à cette heure ci, c'est à la rigueur, une branche de céléri).

Une fois arrivés à Merced, nous dûmes prendre un autre bus, de 2h30, nous menant cette fois-ci au Yo-yo-yo-sé-mite !

Entre Merced et Yosemite : un festival. Des collines verdoyantes, des rivières rieuses ondulants sous le soleil, des grands arbres, des petites églises datant de la ruée vers l'or...partout des pick-up et des cowboys, notre chauffeur le premier. Je me suis laissée gagner par une douce euphorie.

wilkins.JPGProgressivement, le relief se fait de plus en plus abrupt, la nature plus sauvage, les églises s'espacent, les torrents deviennent plus violents. Into the wild, man.

On arrive enfin dans le Yosemite Park empli de brume. Sylvain a peur que le brouillard effraie les ours, qu'il tient absolument à rencontrer.

Qu'importe, on commence une ballade culminant à 2600m, on marche, on marche (ou plutot on marche, je râle, on s'arrete, on re-marche, je re-râle, Sylvain me tire par les bras de force...).

La neige commence très rapidement à devenir très très dense, la couche grossit à chaque instant. La raison pour laquelle le Yosé est déserté en hiver (et archi blindé en été) me parait alors clair : les conditions météo sont en effet, rudes.

A contre-coeur, aux 3/4 du parcours, poursuivis par une neige battante, on doit rebrousser chemin et se grouiller de retourner à l'hôtel, où on finit par boire une bière devant la cheminée en parlant des Chroniques de San Francisco à un couple de gentlemen à côté de nous.

Le lendemain en revanche, soleil magnifique, sous un ciel d'un bleu éclatant, une neige scintillante ! Les espoirs d'ours de Sylvain reprennent ! Après un petit déjeuner à 800 calories offert par l'Hotel, incluant pancakes, oeufs brouillés, toasts,bacons, cafés pamplemousse...c'est parti pour une journée de maximisation de notre présence !

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3 ballades, 200 photos, 600 "oh c'est beau".
Et des pieds totalement trempés.

Comme on est des grands pros du trekking, on avait prévu que des tennis en tissu.

IMGP0GH001--1-.JPGDevoir repartir est un supplice. Même pas d'ours malgré le fait qu'on avait plein de bouffe dans notre sac à dos.

Mon grand bonheur est de voir le soleil se coucher sur les mêmes petites montagnes verdoyantes, rendues encore plus resplendissantes par le coucher de soleil violacé.

Comme si la Nature, après tant d'émotions visuelles, me disait "Big Up, Big up !'"

En quittant le Yosemite, j'ai eu vraiment le sentiment, qu'aynat vu San Francisco et ayant vu le Yosemite, j'avais vu ce que la Ville et la Nature pouvaient respectivement faire de mieux.

Je reviendrai. En été.

Note à mon éxécuteur testamentaire : Mec, j'ai trouvé l'endroit où l'on dispersera mes cendres. Oui, je sais c'est loin, mais je m'en fout. S'ils m'aiment ils iront.




Publié dans Voyaaages - voyaaages

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Maurice Greene 10/03/2010 12:11


C'est logique que bino veuille rencontrer des ours, ses congénères, parce qu'en cas de pépin, il court aussi vite que moi, donc pas de souci.