Student life

Publié le par Ju

Post promis, post dû: Faculté d’Etat de San Francisco (SFSU pour les intimes) je te présente.

 

Je vais tenter de m’imposer une exigence morale d’objectivité (teintée de relativisme culturel qu’on appellera chauvinisme) pour décrire cette fac ô combien différente :


J’ai 4 cours par semaine (lancez-moi des tomates, je sais). Qui demandent tous 4 heures de présence (deux cours de deux heures).

 

Political communication : le cours-blague. Ce n’est pas un cours, parce que je n’y apprends rien, on y parle de tout, sauf de communication, on y échange des banalités sur la réalité du monde politique. C’est un genre de stand-up comedy show à entrée gratuite, car le prof est un show-man incroyable (photo suit) qui blague sans cesse, qui donne des anecdotes, imite, gesticule, se donne physiquement pendant que les élèves rient à gorge déployée, et ce toutes les 3 minutes.

 

campus2.jpg

 

Enfin, les élèves = les élèves américains, l’étudiant international ne rit pas. L’étudiant international ne comprend pas la blague, et les rares fois où il y arrive, ne rit pas, parce que c’est pas si drôle, merde.

 

Rhetoric of the medias : où les élèves y participent sans cesse, pour gratifier la classe de magnifiques réflexions comme « ma pub préférée actuellement, c’est celle pour Toyota » ou «  l’autre jour avec mon mec on était dans le canapé, à regarder la télé et ben on a vu une pub pour les nachos, et du coup, ben mon mec il a eu envie de nachos».

apple-iphone-3g-01.jpgIntellectuellement, on atteint (péniblement) le niveau des pâquerettes. Lors d’une discussion de groupe

 

–(ooooh ça, qu’est ce que c’est américain ! on fait des groupes pour tout, TOOOUT.On perd 20 minutes à chaque fois pour se mettre en groupe de 5 pour décider de parler 3 minutes)-

 

le débat était « on ne communique plus aujourd’hui, on est toujours sur nos Iphones (ils ont presque tous des iphones, je ne plaisante pas), on textote, on maile, la communication n’existe plus… » et tout le monde opinait du chef, d’un air convaincu.

 

Ah ben oui. Ah ben biiien. J'ai pas fait 9000km pour rien.

 

Je pense que cette réflexion hérissera le poil de quicquonque réfléchit plus de 2 minutes, et provoquera chez un Celsien, une crise d’épilepsie conséquente.

 

Gender communication : le cours où règne un de ces bordels, ambiance dimanche à Bamako c’est le jour du mariage. C’est rempli de semi-gangsters, cas sociaux et autres féministes poilues. Le contenu est potentiellement très intéressant (le manuel me passionne) mais comme on est 50 et que la prof a zéro autorité, on perd 1h à calmer tout le monde, on bosse une demie-heure. Jusqu’à ce qu’elle décide de former des groupes. Noooooooonnnnn…..

 

Là encore, tout le monde se sent obligé de raconter « comment moi, quand j’étais petit je voulais faire du ballet et ma mère même qu’elle voulait pas ». Merci Melvin. Quelqu’un d’autre ?

 

 

Communication criticism : le cours avec mon prof préféré, un énergumène extrêmement drôle et qui n’hésite pas à employer des gros mots comme « epistemology », « semiotics » ce qui me donne envie, de le serrer dans mes bras en pleurant « merci…merci… ». Les élèves n’ayant pas vraiment d’opinion ou d’anecdote perso à donner sur l’usage de la rhétorique et du criticisme dans leurs vies quotidiennes, on a la paix, le silence, et tout le monde bosse.

 

Ouais, je sais, la fac US me fait devenir réac.

 

Je suis fascinée par cette prise de parole libre, spontanée (sans lever la main, pas plus que quand ils quittent la salle) cette aisance incroyable. J’ai vite compris d’où venait cette exceptionnellecapacité :  personne, jamais, ne leur a jamais dit que ce qu’ils pouvaient raconter pouvait être complètement con.

 

Donc ils avancent avec la tranquillité sereine de celui qui est sûr de son bon droit.


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Leurs casquettes enfoncées, le sac North Face ouvert (grooos hit au USA : le sac à dos North Face), ils assistent aux cours avec bonhomie et sérénité.

 

C’est ça qui est reposant au fond, le coté profondément relax, le fait  qu’ils rigolent de n’importe quelle blague, rebondissent sur tout, interagissent très facilement. Et qu’ils viennent en cours en pyjama. La spontanéité dans toute sa splendeur.

 

Quand au taff, en général, que dire…c'est un peu retour à la case lycée.

 

Pour chaque cours on doit lire précisément un chapitre du manuel (très costaud niveau réflexion en revanche). A l'occasion, on doit rendre des papiers de deux pages sur des questions assez  larges pour lesquels on nous conseille de « ne pas oublier les connecteurs logiques ».

 

« Madame, c’est quoi un connecteur logique ? »

 

Arf.

 

 

 

Publié dans Le cours des choses

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kermit 28/02/2010 07:48


oh ça me manque de me foutre de la gueule des profs avec toi ma ju!


George Z. Bush 21/02/2010 18:33


Aoh ça me rappelle ma jeunesse!!