Laisse-toi surprendre !

Publié le par Ju

Bon, cela va faire quelques semaines que je devant le gigantisme américain, la super-bouffe, la super-fac, je me dis, autant tempérer et me rappeler qui je suis, c'est-à-dire une Française et donc RALER.

 

Mais sur quel sujet se plaindre quand tout autour de vous n’est que bonnes vibes ? J’ai cherché, cherché, à n’en plus dormir (c’est une image, comme chacun sait, RIEN ne peut m’empêcher de dormir) alors que la réponse était là, à portée de main, faisait partie de mon quotidien depuis près de 3 semaines : le terrible, machiavélique, méandreux système de transports en commun San Franciscain.

 

Sur  le papier, le réseau fait saliver : bus à foison, BART (RER) et Muni (Métros)…

Sauf que.

 

Il faut qu’il y ait un sauf que.

trappeur.jpg

Sauf que prendre un bus, le bon, s’en apercevoir, et continuer sa route, est un défi pour trappeur expérimenté.

 

Dans ma grande candeur (qui a dit connerie ?) je suis partie affronter les bus de la baie pensant que globalement, ce serait un processus connu. Grave erreur. Rookie mistake. Tout d’abord la destination n’est pas marquée sur les bus. Hé non. Ce serait trop simple. Ils indiquent tous la même chose, exemple, le bus 1 que je prends le matin, indique toujours, joyeusement, dans un sens comme dans l’autre « California ».

 

Le seul moyen de savoir si c’est le bon est de repérer l’emplacement du soleil et de voir par rapport où notre destination se situe. Ou bien de repérer les petites indications qui s’affichent furtivement la destination du bus (ce n’est pas systématique). Les abribus ; quand il y a abribus, souvent ce n’est qu’un lampadaire bariolé qui indique l’emplacement ; ne marquent pas non plus la destination. C’est comme si l’arrêt de bus répondait en rigolant quand on veut savoir si c’est le bon « Laisse-toi surprendre!"

 

Les abribus ne font pas figurer le trajet non plus. Hé non. Ni dans le bus d’ailleurs. La seule façon (en tout cas la seule que j’ai trouvée) est de suivre ce que le signal sonore du bus vous dit « Golden Gate Street » et de vérifier en même temps sur une carte si ça correspond à la bonne direction. Et d'avoir l'air d'une gueuse devant les autres voyageurs, en passant.

 

Sachant que les rues se définissent par leurs croisements à SF, mieux vaut garder un œil sur l’extérieur pour vérifier que « Golden Gate Street » croise ici la 14e, parce que si non, c’est foutu pour arriver à 10h à la fac. Un vrai travail de Scout.Transit_Frequency.png

Sachant que les bus ont parfois, pour le même nom, des variations de trajet considérables ! Croyez, moi je ne voudrai pas confondre le 1 avec le 1X, ou pire le 1B (une frayeur quotidienne : le prendre car mal réveillée, j'en frémis d'avance !

 

Les abribus ne marquent pas non plus le temps d’attente. Une fois sur 4 environ. On attendait rien de moins d’un système qui ne donne pas les trajets cela dit. Parfois, à la 14e minute d’attente, j’en viens à nier l’existence même du bus que j’attends.


Hypothèse pas complètement irréaliste puisque certaines lignes ont été annulées (c’est la crise ma brave dame) et que la SFMTA ( la ratp locale) n’a pas fait changer les cartes.  J’ai attendu 20 minutes le 71 jusqu’à ce qu’une vieille dame chinoise m’indique je risquais de mourir en l’attendant. J’en ris encore.

 

rail.jpgLe muni aussi, est une daube sans nom. Honnêtement, idées de slogan que j’ai eu (l’attente rend l’esprit créatif). « Muni : pourquoi ne pas rentrer à pied ? » ou encore « Muni : la carriole a du bon ».

 

Déjà pour comprendre la bonne direction M, L, N ou K ou L, income (vers la ville) ou outcome (vers la banlieue ) il faut être bon. Mais alors en plus, le système n’a rien, mais alors rien à voir avec les french métros.

 

Il n’y a pas différentes stations pour chaque ligne, hormis quand on s’éloigne de SF, et encore quand je parle de stations... une fois qu’on s’éloigne du centre, quand le métro devient extérieur, il n’y a plus de quai. Les rails sont à même la rue, et l’espace où on peut monter est mis en jaune. Ce qui fait que, comme il y a pas de plateforme, c’est pas du tout repérable de loin, ce qui ajoute au charme de l’adrénaline (on peut se faire écraser à tout moment, tout de même, haha).

 

Ah oui et les munis vont à 4 à l’heure, 7 en pente. Parfois on est doublés par des gens à pied.

 

Quand les munis font station commune, les rails sont les mêmes pour toutes les lignes, ce qui fait que régulièrement les muni se rentrent dedans, où qu’il y a des embouteillages et tout est paralysé.

 

Et oui, je vis dans un pays où il y a des embouteillages de métros !

Le seul moyen de savoir dans ces stations communes, si on est dans le bon muni est de rester attentif : des fois un M est annoncé, mais surprise, une fois dedans, Barry, chauffeur dévoué, fera un appel sonore « Hé non les mecs, raté, c’est un L, rejouez plus tard ! ». J'en ris encore.

 

Ca et les tickets sont chers, 2$. Okay, les bus font des annonces en chinois et c’est plutôt cool (je sais dire en mandarin « reserve the front seats for seniors and people with disabilities » ! youhou!) mais honnêtement… il faut tirer sur une ficelle (si, si !) pour demander l’arrêt !


 Grâce à la SFMTA, je peux toutefois dire qu’une journée à San Francisco ne peut jamais être complètement la même si on prend les transports en commun. Une surprise constante, un défi quotidien.

 

Je promets solennellement de m’agenouiller devant un bureau de ratp une fois rentrée en France.  De faire un câlin à un contrôleur.  De ne plus jamais râler en attendant 7 min. De pleurer en revoyant la ligne 14. Amen.

 

 

 

Publié dans Vie de merde

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Commenter cet article

Sarah 03/02/2010 00:50


Et le BART alors ? Hmmm ? Le BART?


Carole 30/01/2010 21:00


J'aimerai voir le câlin au controleur...


Big Harold 29/01/2010 13:28


Comme quoi,avant de se plaindre du métro lillois ou parisien...J'ajoute qu'à berlin il y a le même genre de surprise (bon il n'y a pas de ficelle par contre, je suis déçu) mais des fois le tram
s'arrête et...repart dans l'autre sens.Pour rentrer chez soi, il ne reste que la tactique dite du "saut de puce".
Te fais pas écraser par un bus rookie.


laurette 29/01/2010 06:54


J'ai toujours dis qu'on avait le meilleur métro au monde. Mais je tolèrerais de tester un jour celui de Tokyo pour comparer.