La vie, c'est pas un cupcake

Publié le par Ju

 

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Honnêtement, cela va faire 4 jours que je suis ici et j’ai l’impression d’être dans un jeu vidéo: il faut rester attentive aux mouvements des autres, être sur le qui-vive et je suis persuadée qu'au-delà d’une certaine limite, le territoire s’arrête et on arrive sur un mur de ciel. 

 

Vous voyez ?

 

Le problème, c’est qu’il est complètement impossible de saisir toute la réalité de San Francisco. Déjà, la ville est propre, beaucoup trop propre. C’en est limite louche. Un papier par terre et aussitôt on sait que c’est un quartier craignos. Ensuite les gens sont grands, blonds, écolos, font du sport avec des chiens qui eux aussi, sont blonds et grands. En passant à coté de toi en joggant, ils te disent « Hi there ! » et repartent en courant vers le mur de ciel.

 

Il y a des enfants partout également. Déjà grands et déjà blonds, qui sont heureux et souriants dans cette ville où ils peuvent sentir la douce brise de l’océan à deux pas caresser leurs visages de futurs grands blonds mangeurs de légumes.

 

Oh et puis la gentillesse. C’est une HORREUR. Les gens sont adorables, c’est insupportable, dès que je m’assois seule à un resto, on vient me demander qui je suis, comment je vais, que paris-is-so-great et ainsi de suite. Une dame a traversé la rue juste pour venir m’accoster et me dire qu’elle aimait mon collier. Des gens me disent bonjour dans la rue, sans raison. Mais enfin, tu ne peux pas faire ça mec. En France si quelqu’un que tu ne connais pas te dit bonjour, c’est qu’il veut de l’argent !

 

Je vis dans la ville du Truman Show.

 


De même qu’hier, on était au Starbucks avec Inès (une amie du Celsa), on se pose, en bonnes rmistes on commande un cookie et deux verres d’eau, on s’attarde, on reste, on papote, et ce jusqu’à la fermeture.

10 minutes avant de fermer, un grand barista black (pas blond pour le coup, mais un physique à courir avec son chien le matin en disant bonjour aux passants) vient nous voir avec un grand plateau de cupcakes et nous les tend « We will throw it tonight anyway so come on, have a piece ».

 

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On se regarde avec Inès. Nos yeux disent « Toi aussi, tu sais que c’est louche ». « Come on, they’re good ». J’en attrape un du bout des doigts et murmure un thanks. Faudrait pas non plus qu’on nous prenne pour des pigeons.


San Francisco EST ce cupcake : belle, colorée, sucrée à la limite de l'écoeurante et qui semble te dire "tout va bien, mange-moi".

 

Mais enfin qu’est ce que c’est que ce monde ??? Où est la bonne agressivité parisienne, l’absence de sourire, les dames qui serrent leurs sacs contre elles quand on les regarde dans le métro ??? Mes repères urbains s’effondrent. Il faudrait apprendre aux américains que la vie, c'est pas un cupcake.


Le pire du pire, c'est quand j'ouvre une carte, y’a toujours 2 personnes qui se battent pour m’indiquer le chemin ALORS QUE JE NE FAIS QUE VERIFIER MA ROUTE, BORDEL !

 

Non vraiment, il faut que je reste sur mes gardes, sinon ma frenchi-tude risquerait d'être endommagée.

 

auquel cas je me mettreait à grandir, à aimer le sport, et à sourire tout le temps. Pouah.

Publié dans God bless america

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Camille 23/01/2010 15:10


Oh non, Dieu te préserve de sourire un jour Juliette !! Je blague bien sûr, great post anyway !


Laura 20/01/2010 15:32


J'étais morte de rire du début à la fin de ton article :)
Ils ont de la chance, ces américains de San Francisco, de vivre dans un cupcake. J'aimerais bien, moi. Sauf le sport.
Tu me diras combien de temps ça prend pour ne plus être hyper méfiante quand un inconnu vient te parler ? Cette méfiance est tellement ancrée en moi que je me demande si même en vivant au pays des
bisounours elle parviendrait à partir ^^


François 18/01/2010 20:16


Des questions, des questions...
D'abord, sache le, je ne suis pas une princesse.
Ensuite, je postule pour la place avec les deux filles de ta fac.
Evite Terry (le "I love kids" me parait louche).
Quant à Eva, je te propose un rapide quizz :

1/ A t'elle été élevée dans un bordel ?
2/ Cultive t'elle la marijuana dans son backyard ?
3/ Est t'elle, finalement, un mec opéré ?

Si elle (il ?) répond 3 fois oui, accepte and write a novel about it, Mary Ann.


Marion 16/01/2010 15:58


Pauvre de toi !
Déjà, en ce qui me concerne, le Nord, ou plutôt Lille, fût presque un choc culturel semblable. Paris-is-so-great.
(Mais qu'en est il des clubs de jazz, des boutiques new-age ?)