Cliché mon amour...

Publié le par Ju

Après deux mois à San Francisco, je me permets de faire ultra subjectivement un petit point sur les clichés qui collent à la peau des USA :

 

SF est une ville gay : Vrai, tout en étant faux.


 rainbow-flag.jpgCertes, il y a un pourcentage de personnes homo bien   plus élevé au m² qu’à, disons, Marcq en Baroeul, mais SFn’est pas pour autant une « ville gay ». C’est une ville avec une majorité d’hétéros et où la communauté homo est totalement intégrée.

 

Certes, le quartier de Castro ségrégue un peu, mais du reste, on voit un peu partout des petits drapeaux arc-en-ciel flotter au vent, des couples homos se tenant la main et personne n’en a rien à cirer.

 

La communauté gay a ses propres théâtres (dont celui où je suis bénévole, qui est, je l’ai découvert en y travaillant, un théâtre lesbien), salles d’expos, événements…et ceux-ci rameutent pas mal d’hétéros. San Francisco n’est pas tant la ville de la tolérance, c’est la ville de la fraternité. Wahou, je sais, vous avez envie de pleurer.

 

Les Américains sont stupides. Faux, tout en étant vrai.


Mea culpa. Je suis la première à remettre en cause l’existence de neurones chez mes congénères. C'est-à-dire qu’en cours, lorsque  les profs doivent expliquer des concepts comme « éphémère » ou «dogmatisme » ou encore apprendre à lire les chiffres romains, alors qu’on est à BAC+4, on ne sait pas si on doit rire ou pleurer, ni dans quel ordre. Les gens de notre âge ont une furieuse tendance à ne lâcher que des lieux communs dès qu’on dépasse les 5 minutes de platitudes usuelles et c'est bien dommage.

 

Les  seuls américains avec lesquels j’ai accroché, sont des personnes ayant plus de 30 ans, la coloc d’Inès, Eva ma « landlord », un pote musicien d’Angela…donc ma théorie c’est qu’il se passe un truc, aux alentours de 25-28 ans (genre 27ans, comme Janis Joplin) et que là, BOUM, tout s’accélère, ils prennent connaissance du fait que le moyen-orient existe, qu’après le 1er degré vient le second degré, etc etc…Mystère.

 

Les Américains sont gros. Plus ou moins faux..à San Francisco.


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Ils font beaucoup de sport, il y a des salles de gym tous les vingt mètres (je pense que le premier mot qu’un immigré peut apprendre c’est « Pilates ») et la plupart sont ouvertes 24h sur 24. L’Américain est donc en forme. La plupart des filles de mon âge pratiquent un à plusieurs sports hebdomadaires.

 

Dans mon quartier, les résidents joggent de jour, de nuit, au téléphone, avec leurs chiens, avec leurs poussettes (!), sous la pluie, à une heure du  matin, j’en croise encore…

 

Mais le ricain mange beaucoup, et surtout tout le temps. Un déplacement à pied ne semble pas envisageable sans quelque chose à manger en même temps.

 

Les élèves de SFSU ont toujours une cannette de jus, de soda, de crème glacée supplément double fudge et mini-oréos (3$, oui oui…) à la main. Donc du coup, ils ont une allure sportive mais souvent, pas mal de brioche et un petit double menton.

 


L’Amérique, c’est Mc Do.  Faux.


L’Amérique, c’est Starbucks.Il y en a PARTOUT. A SF on en compte une trentaine, et pourtant c’est encore le règne du coffee shop à ambiance, indépendant. Mc Donald est d’ailleurs très mal considéré. C’est généralement très crade et moins bon que dans d’autres chaînes comme Burger King. Ajoutons à ça que votre cheeseburger mou vous est servi par une femme de 65 ans qui complète sa retraite en vous tendant ledit burger d’un œil morne, ça achève de vous donner l’envie d’y retourner.

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De toutes façons, San Francisco est  une ville en marge face à l’Amérique en général. Même si je décris plus haut les sales manies alimentaires de mes camarades, le friscain reste obsédé par sa salade verte et ses pousses de soja.

 

Rares sont les restos ou cafés qui ne se proclament pas adeptes du bio (organic) ou du végétalien (vegan) et tout est hautement proclamé « Low-fat » ce qui est fort rigolo et  parfois un tantinet paradoxal. Exemple : La crème glacée double fudge mini oréos est…low-fat. On y croit.

 

L’Américain a des valeurs puritaines. Vrai.


Le San Franciscain est connu pour son ouverture, mais sa sensibilité reste aiguisée sur de nombreux sujets. Si le mariage gay n’est pas un souci, l’avortement en revanche…divise. Dans la ville la plus progressiste des USA, on rencontre encore des fous de Dieu hurlant dans la rue, interpellant les filles …Des scènes plus fréquentes qu’il n’y paraît et qui dérangent quand on voit le malaise qu’elles provoquent chez les interpellées.

 

La ville compte plus d'églises que de Starbucks, et celles-ci ne sont pas les monuments d'un autre âge: il y a du monde chaque jour.

 

no-drinking-sign.jpgDe plus, cloper est un péché capital. Si vous tentez de vous en griller une, une escouade vous ceinturera au plus vite en vous pointant un flingue au milieu du front. J’exagère mais à peine. Etre fumeur, c’est assumer un côté prolo aux USA car personne ne fume, hormis les sdf, les vieillards asiatiques, les tenants de peep-show…et les étudiants européens.

 

Ensuite l’alcool…ici comme ailleurs tout le monde aime son verre de vin du jeudi, sa bière du vendredi, son cocktail du samedi and so on. Mais parler de sa consommation reste un grand jeu de dupes. Dire que l’on a une gueule de bois entrainera un rire gêné.  J’ai entendu une camarade de classe se justifier pendant près de 10minutes à une amie qui lui demandait «  mais pourquoi bois-tu ? » (c'est vrai ça, pourquoi ?). Ca reste un tabou.

 

Des affiches partout vous rappellent que l’âge légal, c’est 21 ans, et  très souvent des gens qui ont bien dix à quinze ans de plus que moi se font demander une pièce d’identité au supermarché, parce qu’entre la salade et les pousses de soja, s’est glissée une bouteille de rouge. Bande de petits coquins.

 

  La consommation d’alcool vaut une culpabilisation permanente et c’est très désagréable.

 

 

San Francisco donc, même si c’est une ville considérée comme « Européenne » est tout de même bien une métropole bien américaine, qu’on se le dise, elle vaut justement le coup d’être vue pour ses paradoxes qui la classent à mi chemin de l’Amérique et de l’Europe.

 

Sur ce, je m’en vais me prendre un café supplément lait  bio low-fat.

 

 

 

Publié dans God bless america

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Winston Churchill 16/03/2010 10:56


Du sport, du bio, et peu d'alcool?
Damn it.


Carole 16/03/2010 05:40


"Culpabilisation permanente"; tu as trouvé le mot hyper juste!!! Alors qu'en France ca ne pose aucun problème d'aller acheter de l'alcool, ici, je ne me sens pas très bien à chaque fois, comme si
j'avais fait quelque chose mal/interdit...Enfin... Biz!!